La musicothérapie chez les personnes âgées s’impose comme un outil d’accompagnement qui permet d’établir un lien avec la personne, de favoriser son bien-être et de renforcer une prise en charge plus humaine dans les situations de déclin cognitif, tant aux stades précoces que dans les cas les plus avancés.

La musique qui redonne vie à la personne : quand les soignants savent aussi écouter

Dès le début, la Journée de la musicothérapie chez les personnes âgées, organisée à l’hôpital de soins Laguna – Fondation Vianorte, en collaboration avec Hersill, s’est voulu un rendez-vous visant à rassembler les aidants, le personnel soignant, les musicothérapeutes et les proches. Un espace créé pour réfléchir aux nouvelles formes d’accompagnement des personnes âgées.

La journée est partie d’une idée claire : la musique ne cherche pas à se substituer aux traitements ni à promettre ce qu’elle ne peut offrir, mais à ouvrir des espaces de connexion, d’expression et de bien-être. Une salle chaleureuse, une scène surmontée de six chaises, et tant d’histoires à raconter. Comme l’a expliqué Cora Levinson, diplômée en musicothérapie, autrice et co-autrice de publications liées à la pratique musicothérapeutique, « la musique ne rend pas la mémoire, mais elle peut rendre la personne à elle-même ».

Musicothérapie et vieillissement actif : renouer avec soi-même

Selon la Fédération mondiale de musicothérapie, la musicothérapie est une discipline professionnelle qui utilise des expériences liées à la musique, telles que l’écoute, le chant ou la pratique d’instruments, afin de favoriser la santé, le bien-être, les capacités et le développement sur les plans personnel et social. Dans ce cas précis, la musicothérapie chez les personnes âgées s’inscrit dans une vision du vieillissement actif qui met l’accent sur la personne et non uniquement sur la maladie.

 

 

Au cours de cette journée, des témoignages ont été partagés concernant des patients atteints de troubles cognitifs avancés qui, grâce à la musique, parvenaient à manifester des réactions émotionnelles ou à effectuer de petits mouvements en réponse à une mélodie. Des personnes qui se souvenaient à peine de leur nom retrouvaient leur identité grâce à quelques mélodies. La musique devient un moyen de communication lorsque les autres formes d’expression deviennent plus difficiles.

Nieves Frencilla, musicothérapeute et éducatrice sociale, a précisé sa méthode. Sa thérapie ne consiste pas à diffuser une liste de chansons. C’est une forme de prise en charge. Tout repose sur une idée très pure. « La musique n’exige pas de se souvenir, ni de parler, ni même de comprendre. Elle demande simplement de ressentir. » Parfois, les mots ne suffisent plus. La vie devient chaotique à cause de la détérioration. À ce moment-là, un rythme régulier devient un refuge sûr sur lequel s’appuyer.

Son objectif final n’est pas de récupérer ce qui a été perdu. Elle cherche à accompagner avec dignité ce qui bat encore, elle s’efforce de faire de la musique un outil adapté à chacun.

Une prise en charge personnalisée qui accompagne le patient et sa famille

Chaque patient a une histoire, des souvenirs et des mélodies qui ont une signification particulière et qui peuvent devenir un moyen de créer un lien. Katia Márquez, musicothérapeute, chanteuse, compositrice, écrivaine et animatrice de « Rsioteraua Transformacional », a souligné que, même lorsque le langage verbal disparaît, le corps continue de communiquer :

« Je ne peux pas affirmer ce que la personne ressent au fond d’elle-même, mais je peux observer des signes évidents de bien-être, de malaise, de connexion ou de rejet, et adapter mon intervention en fonction de ceux-ci. »

Cette approche s’étend également aux familles et aux soignants. La musique peut devenir un point de rencontre qui permet de redécouvrir la personne au-delà de son déclin cognitif. « Pour être un bon musicothérapeute, il faut savoir décrypter le moindre geste, car même le plus infime mouvement peut s’avérer essentiel dans le processus de rétablissement », explique Nieves.

Musique, mémoire et émotions : au-delà de la maladie

Cette journée a permis de présenter différents projets dans lesquels la musique sert de pont entre les générations et d’outil d’accompagnement.

David Gamella, coordinateur académique du master officiel de musicothérapie de l’UNIR et chercheur principal du projet « TCANTO », a présenté son modèle fondé sur la création de chorales réunissant des enfants et des personnes âgées, dans le but de lutter contre les préjugés liés à la vieillesse.

 

 

Ce projet a montré comment le fait de partager une mélodie peut créer des espaces de relation où les barrières entre les générations s’estompent :

  • Les personnes âgées redécouvrent des chansons marquantes de leur histoire.
  • Les enfants découvrent de nouvelles façons d’interagir avec les autres générations.
  • La musique favorise les expériences partagées.

L’expert cherche à briser ce qui, historiquement, a constitué un obstacle. Il ne s’agit pas seulement de faire de la musicothérapie une expérience partagée qui aide au rétablissement des patients, mais aussi de mettre fin à l’âgisme. « Les enfants arrivent nerveux et impatients de faire connaissance avec ceux qui seront leurs camarades », commente David en riant. Pendant ce temps, en arrière-plan, on voit une vidéo montrant des enfants de 12 ans chantant joyeusement en présence de personnes plus âgées qui les attendent avec impatience.

Applications de la musicothérapie dans les maladies neurologiques

Denise Garat, professeure d’éducation musicale et musicothérapeute au sein de l’Association Parkinson de Madrid et de Parkinson Móstoles, a expliqué comment elle utilise les dynamiques musicales pour travailler des aspects liés au langage et au mouvement chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Denise a souligné qu’au-delà des symptômes visibles, cette maladie s’accompagne d’une forte détérioration cognitive sévère. Les patients atteints de la maladie de Parkinson perdent, avec le temps, la capacité d’entretenir des conversations ou de donner des réponses rapides ; ils deviennent de plus en plus apathiques et se renferment peu à peu sur eux-mêmes.

La musique peut servir de soutien externe pour organiser certains mouvements et favoriser la mise en place de stratégies qui se poursuivront en dehors des séances. « Car le traitement ne s’arrête pas à la fin des séances. Il faut essayer de comprendre les patients et faire en sorte que les familles s’adaptent à eux ; cela fait également partie du processus », précise-t-il.

De son côté, Mané Nogueira, flûtiste et psychologue de santé générale, spécialisée en musicothérapie et en médecine, a axé son intervention sur la maladie d’Alzheimer et sur la recherche de mélodies significatives pour chaque patient, dans le but d’établir un lien avec ses émotions. « Lorsque les mots ne suffisent plus pour exprimer ce que l’on ressent, il reste encore des mélodies dans les tiroirs qui peuvent aider à le faire », déclare Mané.

L’engagement de Hersill en faveur de soins plus humains

À une époque où les gens « se prenaient la tête entre les mains », comme le rappelait Gema Mejuto Vázquez, directrice des thérapies, la collaboration de Hersill avecl’hôpital de soins Laguna – Fondation Vianorte a permis de mettre en place le programme MEMORIEDAD, qui a contribué à élargir l’espace dédié à la musicothérapie grâce à une heure supplémentaire de thérapie par semaine, destinée à un petit groupe de dix patients atteints de troubles cognitifs avancés mais conservant leurs capacités musicales.

Ce type d’initiatives montre que l’innovation dans le domaine de la santé passe également par la création de nouvelles possibilités en matière de soins et d’accompagnement.

Comme cela a été souligné au cours de cette journée, il ne s’agit pas simplement d’ajouter une activité de plus, mais de proposer une prise en charge thérapeutique qui, sans cela, ne serait pas accessible.

La musique, un outil pour mieux prendre soin de soi

La journée s’est terminée par une réflexion qui résume bien l’esprit de cette rencontre : la musique ne peut pas guérir le déclin cognitif, mais elle peut contribuer à alléger le fardeau, accompagner le patient et offrir des moments de connexion.

Chez Hersill, nous continuons à œuvrer pour promouvoir des solutions et des collaborations qui placent les personnes au cœur des soins de santé.

Foire aux questions (FAQ)

Qu’est-ce que la musicothérapie chez les personnes âgées ?

La musicothérapie chez les personnes âgées est une intervention qui repose sur l’utilisation de la musique comme outil d’accompagnement et de connexion avec la personne, en particulier dans les contextes où des difficultés cognitives ou communicatives peuvent exister.

La musicothérapie peut-elle aider les personnes âgées à retrouver la mémoire ?

La musicothérapie n’a pas pour objectif de retrouver la mémoire perdue. Selon les spécialistes présents à la journée, son intérêt réside dans le fait de favoriser le lien émotionnel, l’expression et le bien-être de la personne.

Pourquoi est-il important de personnaliser la musicothérapie ?

Chaque personne a son histoire et ses propres expériences musicales. C’est pourquoi les spécialistes soulignent que l’intervention doit être adaptée à chaque patient et ne pas être appliquée comme une formule universelle.

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